Annonces d’Emmanuel Macron : les conséquences pour les entreprises

Il ne s’agit pour le moment que de simples annonces et, tant que les textes législatifs ne sont pas connus, il faut rester prudent. Néanmoins, cette facture-là ne devrait pas être trop lourde pour les entreprises, contrairement à celle consécutive au blocage de l’économie et aux destructions et autres pillages en tous genres.

Le SMIC

« Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 € par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur ».

C’est la phrase choc du discours, celle que tout le monde du travail a retenue, salariés comme employeurs, mais pas forcément de la même manière. Les uns y ont tout de suite vu une augmentation de 100 € du SMIC mensuel. Or ce n’est pas du tout ce qui a été annoncé. Il ne faut pas confondre le SMIC et « le salaire d’un travailleur au SMIC ». Ce dernier se compose en effet non seulement du SMIC, mais aussi de la prime d’activité. Celle-ci augmente au total de 80 € : 20 € déjà accordé en octobre dernier, plus 60 € en 2019. A cela il faut ajouter la suppression des cotisations d’assurance maladie et d’assurance chômage intervenue en 2018, ce qui représente un gain d’environ 20 €, et on arrive bien à 100 € de plus par mois pour un salarié percevant exactement le SMIC.

Les autres, en particulier les employeurs, ont surtout entendu que cela ne leur coûterait pas un euro de plus. Et c’est vrai puisque la prime d’activité est financée par l’Etat (c’est-à-dire par l’impôt). Néanmoins, ils devront tout de même supporter l’augmentation automatique du SMIC au 1er janvier prochain. Celle-ci devrait être de l’ordre de 20 € par mois et par salarié, 20 € qui, selon la ministre du travail, viendront s’ajouter aux 100 € ci-dessus.

La défiscalisation des heures supplémentaires

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019, qui vient d’être définitivement adoptée par le Parlement et qui doit être promulguée dans les jours qui viennent, après un passage devant le Conseil constitutionnel, contient déjà une mesure d’exonération des heures supplémentaires.

Cependant, le Président de la République introduit deux nouveautés à cet égard :
– d’une part, alors que cette exonération devait prendre effet à partir du 1er septembre 2019, le Président entend qu’elle prenne effet dès le 1er janvier prochain ;
– d’autre part, alors que l’exonération ne devait porter que sur les seules cotisations salariales (hors CSG/CRDS), le Président annonce qu’elles seront également exonérées d’impôt sur le revenu pour le salarié.

Nous reviendrons bien sûr sur ces changements dès qu’ils seront confirmés dans les textes.

Prime de fin d’année désocialisée et défiscalisée

Le Président demande enfin aux entreprises, mais uniquement « si elles le peuvent », de verser une prime de fin d’année à leurs salariés. Celle-ci serait exonérée d’impôt sur le revenu et de toutes cotisations sociales (salariales et patronales), mais on ne sait pas encore dans quelle limite et selon quelles modalités.

Là encore, il faut attendre les précisions techniques à venir.

Affaire à suivre….